09 - Pierre-Alexandre JUNOD, peintre neuchâtelois, 1909-2001, collection de Claude Roulet

Pierre-Alexandre JUNOD
Exposition du 1er mars au 1er avril 2012


« La peinture, comme toute œuvre d’art, est une sorte d’accès à la connaissance et à la possession. Pour que la possession soit complète, il faut que le tableau, la sculpture, l’édifice contiennent toute chose, soit un univers complet …» écrit P-A. Junod en mars 1988.

A voir ses œuvres, on saisit immédiatement cette tension vitale portée par l’amour de la nature, de ses lumières jaillissantes et de ses aspérités rocailleuses, et par la recherche d’un infini profond, originel, où la figure s’efface pour laisser place au seul mouvement, s’élançant comme une musique ou dansant dans l’espace comme un idéogramme.

On comprend aussi pourquoi P-A. Junod n’avait pas donné de titres à ses tableaux : ils n’en ont pas besoin parce que ce qu’ils disent aspire à l’essentiel. Les différentes galeries et musées – non seulement en Suisse (Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Genève, Zurich,…), mais aussi en France (Grenoble, Paris), aux Etats-Unis (New York) et au Japon (Tokyo)- ne s’y étaient pas trompés. Et c’est sans doute ce qui avait séduit Claude Roulet.

Celui qui, de son propre aveu autrefois, aurait pu être guide de montagne, marin ou moine, avait empoigné ses pinceaux comme on saisit un piolet : pour vaincre un sommet.

Anne Roulet Juan (février 2012)


Eléments biographiques : Le peintre Pierre-Alexandre Junod

Pierre-Alexandre Junod , né à La Chaux-de-Fonds dans un milieu horloger le 18 novembre 1909, a vécu successivement à Bienne, puis à Neuchâtel et, après Zurich, à Genève avant de revenir s’installer définitivement à Neuchâtel en 1933, diplôme de Beaux-Arts en poche.

Affichiste d’abord, il assumera rapidement et pendant des décennies, au Collège Numa-Droz puis au Gymnase cantonal de cette ville, un enseignement d’art et d’histoire de l’art tout en poursuivant en parallèle son parcours de peintre à la recherche d’une géométrie alliant composantes spatiales et dynamiques tel un enchaînement « musical » (« un soir, en écoutant de la musique… ») de formes et de mouvements portés par le corps entier. Dès 1964 il exposera ses œuvres dans de nombreux pays, que ce soit en Suisse, en France, aux Etats-Unis ou au Japon.

Passionné d’Hubert Reeves et de Michel Serres, ami de Raymond Lambert, P-A. Junod était un alpiniste : tenté par l’horizon et les sommets, ceux du Cervin et du Mont Blanc comme ceux de l’esprit. Sa mort, en septembre 2001, nous laisse une œuvre vibrante. « La peinture, c’est la couleur avant tout, car la couleur, c’est la forme. » affirmait-il.

Anne Roulet Juan